Appel

Argument d’autorité

Aussi appelé: appel à l’autorité, argumentum ad verecundiam

Tenir une affirmation pour vraie parce qu’une autorité l’a dite — surtout hors de son domaine — plutôt qu’en raison des preuves.

Exemples

Le portrait publié par un magazine donne à une opinion un poids qu’elle n’a pas mérité.

Titre : « Un physicien lauréat du prix Nobel affirme que ce complément guérit la fatigue. »

Remporter un prix Nobel de physique en dit long sur la compréhension qu’a quelqu’un des particules et des forces. Cela ne dit rien de la nutrition, que ce physicien n’a pas plus étudiée que le premier venu.

En ligne, le même procédé prend une forme plus légère.

Commentaire : « Un médecin à la télé a dit que ça marchait, donc le débat est clos. »

Quel médecin, dans quelle spécialité, sur la base de quelles preuves — rien n’est précisé : le titre à lui seul fait tout le travail de persuasion.

Pourquoi le raisonnement ne tient pas

L’argument d’autorité traite les titres de quelqu’un comme une preuve suffisante d’une affirmation, en sautant l’examen des preuves elles-mêmes. Le raisonnement se brise de deux façons : l’autorité peut parler hors de son domaine de compétence, ou bien, même dans son domaine, l’expertise rend plus probablement dans le vrai, pas certainement. Citer une personne au lieu de son raisonnement court-circuite précisément la partie de l’argument qui demande à être vérifiée.

C’est différent de l’invocation d’un véritable consensus d’experts dans leur propre champ, qui est le mode de fonctionnement de la plupart des connaissances ordinaires — personne ne redémontre personnellement la sécurité de l’anesthésie ou la forme du Système solaire. La distinction tient à deux questions : l’expert parle-t-il dans le domaine où il a été formé, et son avis reflète-t-il un large consensus, plutôt que l’opinion d’un seul individu titré sur un sujet sans rapport ?

Comment répondre

  • Interrogez l’adéquation du domaine : « Est-ce dans son champ de compétence réel, ou emprunte-t-on de la crédibilité ailleurs ? »
  • Demandez les preuves derrière l’opinion : « Sur quel raisonnement ou quelles données cela repose-t-il, au-delà de qui l’a dit ? »
  • Cherchez un consensus, pas une voix isolée : « Est-ce la position standard des spécialistes, ou un avis marginal ? »
  • Ne rejetez pas tous les titres pour autant — s’en remettre à une véritable expertise, dans son domaine, est souvent la chose raisonnable à faire quand on ne peut pas évaluer soi-même les preuves sous-jacentes.