Appel aux conséquences
Aussi appelé: argumentum ad consequentiam
Juger une affirmation vraie ou fausse selon que ses conséquences seraient agréables ou désagréables.
Exemples
Un parent reçoit le devis de réparation de sa voiture.
Garagiste : « La boîte de vitesses est à remplacer — c’est le bruit que vous entendiez. » Parent : « Ce n’est pas possible, on ne peut pas se le permettre en ce moment. C’est sûrement juste les freins. »
Le montant de la facture n’a aucun effet sur ce qui est réellement en panne. Souhaiter un diagnostic moins cher ne rend pas l’explication la moins chère correcte.
Le même raisonnement apparaît dans les débats en ligne sur des résultats malvenus :
Message : « Une nouvelle étude montre que cette célèbre application de productivité n’aide pas vraiment à mieux se concentrer. » Réponse : « Ça ne peut pas être vrai, des millions de gens l’utilisent et ne jurent que par elle. Si c’était vrai, ce serait énorme. »
Que le résultat soit gênant, ou surprenant, ou qu’il embarrasse beaucoup d’utilisateurs, n’est pas une raison de le croire faux.
Pourquoi le raisonnement ne tient pas
L’appel aux conséquences passe directement de « ce serait grave/heureux si c’était vrai » à « donc c’est faux/vrai ». Or ce que nous ressentons face à un fait, ou ce qu’il nous en coûterait de l’accepter, n’a aucune incidence sur son exactitude. La boîte de vitesses est en panne ou elle ne l’est pas, indépendamment du budget de la famille ; l’application aide à se concentrer ou non, indépendamment du nombre de gens qui l’apprécient. La réalité ne se réarrange pas autour de ce qu’il nous arrange de croire. Le sophisme substitue un souhait à une enquête — il ressemble à un raisonnement, parce que « ce serait terrible » est une réaction réelle et compréhensible, mais ce n’est pas une preuve de ce qui est vrai.
Comment répondre
- Séparez les deux questions à voix haute : « Je comprends que cette issue serait très dure — mais est-elle exacte, indépendamment de notre envie qu’elle ne le soit pas ? »
- Demandez un second avis sur les faits, pas sur les conséquences : « Peut-on obtenir un autre devis avant de décider que celui-ci est faux ? »
- Nommez le schéma avec douceur : « On dirait que c’est difficile à accepter à cause de ce que ça implique, pas à cause des preuves. »
- Reconnaissez que les enjeux sont réels — il est légitime de prévoir comment affronter une conséquence pénible ; le sophisme consiste seulement à utiliser la conséquence pour nier le fait lui-même.