Cherry-picking
Aussi appelé: tri sélectif des preuves, occultation de preuves
Ne retenir que les éléments qui confortent votre position, en ignorant ceux qui la contredisent.
Exemples
Une page produit met en avant une unique citation élogieuse.
Publicité : « “Ça a changé ma vie !” — acheteur vérifié »
Le produit compte 1 200 avis, avec une moyenne de deux étoiles et demie. La citation cinq étoiles est authentique, mais elle n’est pas représentative de ce que les acheteurs ont réellement vécu.
Il en va de même pour les allégations de santé en ligne.
Publication : « Trois personnes ont perdu 9 kilos avec ce régime — la preuve que ça marche ! »
Ce qui n’est pas dit : trois cents personnes ont essayé ce régime, et 297 d’entre elles n’ont constaté aucun changement ou ont pris du poids. Trois réussites bien réelles servent de vitrine à un résultat qui, la plupart du temps, ne s’est pas produit.
Pourquoi le raisonnement ne tient pas
Le cherry-picking présente une tranche exacte mais non représentative des données comme s’il s’agissait du tableau complet. Chaque fait cité peut être vrai — la citation est réelle, les trois réussites ont eu lieu — et c’est précisément ce qui rend ce sophisme difficile à repérer. Le problème ne réside pas dans ce qui est montré, mais dans ce qui est omis : les éléments environnants qui, s’ils étaient inclus, changeraient la conclusion.
C’est différent de la sélection légitime d’éléments représentatifs, qui est une partie normale et nécessaire de toute argumentation — personne ne peut citer chaque donnée. La différence tient à ceci : les exemples choisis reflètent-ils la tendance d’ensemble, ou la contredisent-ils ? Trois témoignages choisis parce qu’ils sont typiques de la plupart des utilisateurs, c’est acceptable ; trois témoignages choisis parce que ce sont les seuls positifs, c’est du cherry-picking.
Comment répondre
- Demandez le dénominateur : « Sur combien de personnes cela est-il arrivé ? Est-ce typique ou exceptionnel ? »
- Réclamez le tableau complet, pas seulement le meilleur extrait : « Puis-je voir la moyenne, et pas uniquement le meilleur cas ? »
- Cherchez ce qui manque : « Que diraient les avis négatifs ? »
- N’exigez pas des preuves exhaustives pour chaque affirmation — répliquer « et tous les contre-exemples possibles, alors ? » à un propos raisonnablement étayé est une forme d’objection tout aussi déloyale.