Fausse analogie
Aussi appelé: comparaison n’est pas raison, analogie boiteuse
Conclure que deux choses semblables sur un point le sont aussi sur un autre — alors que la ressemblance ne soutient pas la conclusion.
Exemples
Une responsable explique la culture d’entreprise à une nouvelle recrue.
Responsable : « Ici, on est une famille, donc j’ai besoin que tu assures le service de ce week-end, sans discuter. »
Un lieu de travail et une famille ont des points communs — des gens qui se voient régulièrement, un sentiment de loyauté — mais un emploi s’accompagne aussi d’un salaire, d’un contrat et du droit de refuser des heures supplémentaires non payées, autant de choses qui ne s’appliquent pas de la même façon à une famille. La comparaison est étirée pour justifier quelque chose qu’elle ne soutient pas réellement.
Le même excès apparaît dans les débats en ligne sur la technologie :
Publication : « Le cerveau n’est qu’un ordinateur, donc on finira par pouvoir copier un esprit sur un disque dur comme un fichier. » Réponse : « Le cerveau traite de l’information, certes, mais il ne stocke pas les données comme un ordinateur — il n’existe pas de “fichier” séparable à copier. L’analogie s’effondre exactement là où l’argument aurait besoin qu’elle tienne. »
Pourquoi le raisonnement ne tient pas
Une analogie fonctionne en pointant une propriété commune et en s’en servant pour transporter une conclusion d’une chose à l’autre. La fausse analogie s’appuie sur une ressemblance de surface — deux choses se ressemblent à certains égards — alors que la conclusion dépend en réalité d’un autre aspect sur lequel elles ne se ressemblent pas du tout. « On est une famille » est vrai en un sens émotionnel et vague, mais la conclusion qu’on en tire (pas de limites, pas de rémunération pour les heures en plus) repose sur les obligations familiales, qui ne se transfèrent pas du sens figuré au sens littéral. Une bonne analogie est différente : la propriété partagée est exactement celle qui fait le travail. « Ce modèle de pont a cédé sous une certaine charge, et le nouveau pont présente la même caractéristique structurelle » est une analogie solide, parce que la propriété pertinente pour la défaillance est précisément celle qui est partagée.
Comment répondre
- Demandez quelle propriété fait le travail : « Sur quelle ressemblance précise cette conclusion repose-t-elle au juste ? »
- Vérifiez que cette propriété se transfère vraiment : « Est-ce que “famille” implique vraiment des heures supplémentaires non payées, ou seulement le fait de prendre soin les uns des autres ? »
- Cherchez une désanalogie — une différence entre les deux choses qui compte pour la conclusion, comme le salaire et le contrat qu’un emploi comporte, contrairement à une famille.
- Reconnaissez les analogies solides quand la propriété partagée est la propriété pertinente — elles constituent une manière légitime et utile de raisonner, pas un piège à débusquer.