Pétition de principe
Aussi appelé: petitio principii, raisonnement circulaire
Utiliser sa conclusion comme prémisse : l’argument présuppose précisément ce qu’il est censé démontrer.
Exemples
Un ami recommande un livre chez un bouquiniste.
Ravi : « Ce livre est d’une exactitude totale — on peut se fier à chaque page. » Sana : « Comment le sais-tu ? » Ravi : « Parce que c’est écrit dès l’introduction : tout ce que dit ce livre est vrai. »
Le seul appui de « le livre est exact » est l’affirmation du livre lui-même selon laquelle il est exact. La conclusion fait double emploi comme sa propre preuve — rien n’a été vérifié en dehors du livre.
La même boucle apparaît dans les débats en ligne sur les produits :
Commentaire : « L’offre premium de cette appli vaut bien ses 12 € par mois. » Réponse : « Qu’est-ce qui te fait dire ça ? » Commentaire : « C’est la version premium — les versions premium valent toujours leur surcoût. »
« Le premium vaut le coup parce que c’est du premium » n’offre aucune raison indépendante ; cela ne fait que répéter le nom de la gamme comme si cela réglait la question de la valeur.
Pourquoi le raisonnement ne tient pas
Il y a pétition de principe quand une prémisse avancée à l’appui d’une conclusion n’est en réalité que la conclusion reformulée — ou, dans une boucle courte, se justifie par la conclusion elle-même. Un argument solide exige des prémisses vraies indépendamment et qui apportent un soutien réel ; ici, la prémisse ne tient que si la conclusion est déjà admise, si bien que l’« argument » tourne en rond au lieu de bâtir un dossier. Aucune information nouvelle n’entre jamais dans le raisonnement — il revient simplement à son point de départ.
Notez que l’anglais courant emploie souvent l’expression begs the question au sens de « soulève la question » (« that begs the question of what happens next »). C’est un usage informel différent, qui n’a rien à voir avec ce sophisme.
Comment répondre
- Demandez un appui indépendant : « Existe-t-il des preuves en dehors de l’affirmation elle-même ? »
- Déroulez la boucle à voix haute : « Donc c’est vrai parce que ça dit que c’est vrai ? C’est circulaire. »
- Demandez ce qui compterait comme preuve du contraire. Si rien ne le pourrait, l’affirmation est peut-être construite pour être infalsifiable plutôt que prouvée.
- Restez léger pour les petites boucles sans enjeu. Les remarques circulaires anodines (« c’est bien parce que c’est bien ») ne méritent généralement pas de recadrage formel, sauf si une vraie décision en dépend.