Négation de l’antécédent
Aussi appelé: erreur de l’inverse
Raisonner dans un « si… alors » : « si A alors B ; A est faux ; donc B est faux » — mais B peut tenir pour d’autres raisons.
Exemples
Une étudiante s’inquiète pour un examen.
Étudiante : « Si on révise, on réussit. Je n’ai pas révisé, donc je vais échouer. »
Réviser aide, mais ce n’est pas la seule voie vers la réussite — l’étudiante connaît peut-être déjà la matière grâce à un cours voisin, ou l’examen peut se révéler plus facile que prévu. Ne pas réviser ne garantit pas de ne pas réussir.
Le même glissement apparaît dans les débats en ligne sur les produits :
Message : « Si un téléphone a une grosse batterie, il tient la journée. Ce téléphone a une petite batterie, donc il ne tiendra sûrement pas la journée. » Réponse : « La taille de la batterie n’est pas le seul facteur — l’efficacité de l’écran et la puce comptent beaucoup aussi. Mon ancien téléphone avait une petite batterie et tenait très bien. »
Pourquoi le raisonnement ne tient pas
La forme du « si… alors » est : si A, alors B (si on révise, on réussit). La négation de l’antécédent part de A faux (je n’ai pas révisé) pour conclure que B est faux (je vais échouer). Cela ignore toutes les autres façons dont B pourrait quand même se produire. Comparez avec la forme valide, le modus tollens : si A, alors B ; B est faux ; donc A est faux. « Si on révise, on réussit. Tu n’as pas réussi. Donc tu n’as pas révisé » — cela tient, parce que ne pas obtenir un résultat garanti signifie que la condition qui le garantit n’a pas pu être remplie. Mais la fausseté de A dit seulement que cette voie-là vers B n’a pas été empruntée — elle ne dit rien sur l’existence d’une autre voie.
Comment répondre
- Nommez la forme : « Ne pas réviser ne garantit pas l’échec — cela supprime seulement une façon de réussir. Il peut y en avoir d’autres. »
- Demandez ce qui pourrait produire le même résultat : « Réviser est-il la seule façon de réussir, ou juste une façon fiable ? »
- Vérifiez si la règle initiale était censée fonctionner dans les deux sens — « si A alors B » n’implique pas « si non-A alors non-B », sauf si A est présenté comme le seul moyen d’obtenir B.
- Servez-vous-en comme d’une mise en garde, pas d’un verdict. Faire l’impasse sur les révisions reste un vrai risque — le sophisme consiste à traiter ce risque comme une certitude.