Affirmation du conséquent
Aussi appelé: erreur de la réciproque
Raisonner à rebours dans un « si… alors » : « si A alors B ; B est vrai ; donc A » — mais B peut avoir d’autres causes.
Exemples
Un parent remarque que la rue est mouillée.
Parent : « S’il pleut, la rue est mouillée. La rue est mouillée, donc il a forcément plu. »
Il a peut-être plu — mais une balayeuse, une canalisation percée ou un voisin qui lave sa voiture la laisseraient mouillée aussi. Le parent tient une explication, pas la seule.
Le schéma revient sans cesse dans les fils d’entraide technique :
Message : « Quand l’appli plante, c’est généralement parce que le stockage est plein. Mon appli vient de planter, donc mon stockage doit être plein. » Réponse : « Ça peut aussi être une mise à jour défectueuse, un cache corrompu ou un conflit avec une autre appli. Ça vaut le coup de vérifier le stockage, mais ce n’est pas la seule possibilité. »
Pourquoi le raisonnement ne tient pas
La forme du « si… alors » est ici : si A, alors B (s’il pleut, la rue est mouillée). L’affirmation du conséquent part de B vrai (la rue est mouillée) pour conclure A (il a plu). C’est prendre le raisonnement à l’envers. Comparez avec la forme valide, appelée modus ponens : si A, alors B ; A est vrai ; donc B. « S’il pleut, la rue est mouillée. Il pleut. Donc la rue est mouillée » — cela tient, parce que la vérité de A garantit B. Mais savoir que B est vrai ne garantit pas A, car d’autres choses peuvent aussi produire B. La règle « si A alors B » promet seulement que A mène à B, pas que B ne peut venir que de A.
Comment répondre
- Nommez la forme : « On passe de “l’effet s’est produit” à “donc telle cause précise est vraie” — mais d’autres choses pourraient produire le même effet. »
- Demandez d’autres explications : « Qu’est-ce qui pourrait aussi mouiller la rue / faire planter l’appli / rendre le test positif ? »
- Demandez ce qui écarterait les alternatives : « Y a-t-il un moyen de vérifier s’il a réellement plu, plutôt que de le déduire ? »
- Reconnaissez quand cela reste une piste utile. « B s’est produit, et A est la cause la plus fréquente de B » est un point de départ raisonnable — le sophisme consiste à le traiter comme une preuve plutôt que comme une hypothèse à vérifier.