Pertinence

Tu quoque

Aussi appelé: appel à l’hypocrisie, et toi, alors ?

Écarter une critique en soulignant que son auteur ne l’applique pas lui-même. Son hypocrisie ne rend pas la critique fausse pour autant.

Exemples

Un médecin examine un patient lors d’une visite de routine.

Dr Okafor : « Vos résultats indiquent qu’il est temps d’arrêter de fumer — cela fait monter votre tension et fatigue votre cœur. » M. Diallo : « Vous empestez la cigarette vous-même. Ne me faites pas la leçon. »

M. Diallo ne répond jamais aux éléments médicaux. Il rejette le conseil parce que la personne qui le donne ne le suit pas elle-même — alors que les habitudes du médecin n’ont aucune incidence sur la validité médicale du conseil.

En ligne, il surgit chaque fois qu’une correction reçoit une contre-correction en guise de réponse :

Commentaire : « Cette proposition réutilise du code copié-collé à trois endroits — ce sera un casse-tête à maintenir. » Réponse : « C’est l’hôpital qui se moque de la charité. Votre dernière pull request contenait encore cinq TODO. »

La réponse ne dit rien sur la question de savoir si le code copié-collé pose réellement problème.

Pourquoi le raisonnement ne tient pas

Le tu quoque traite « vous ne pratiquez pas ce que vous prêchez » comme si cela réfutait ce qui est prêché. Mais la vérité d’une affirmation ne dépend pas de la cohérence du messager : un médecin fumeur peut avoir raison de dire que fumer est nocif, et une pull request bâclée peut contenir une critique valable d’une autre. Le sophisme confond deux questions distinctes — cette affirmation est-elle vraie, et cette personne est-elle à la hauteur de ce qu’elle affirme — et répond à la première avec des éléments qui ne concernent que la seconde. Au mieux, l’hypocrisie est une raison de douter du jugement de quelqu’un en général ; elle n’est jamais une preuve contre une affirmation factuelle précise.

Comment répondre

  • Séparez l’affirmation de la personne : « Que je le fasse moi-même ou non, le conseil en lui-même est-il juste ? »
  • Reconnaissez l’incohérence sans la laisser trancher le débat : « C’est vrai, je ne suis pas cohérent là-dessus — mais cela ne change rien à la validité du point. »
  • Ramenez au fond : « En me laissant de côté, qu’est-ce qui ne va pas dans le raisonnement ? »
  • Repérez les cas où l’hypocrisie est vraiment le sujet. Si la conversation porte précisément sur l’intégrité ou la fiabilité de quelqu’un, et non sur une affirmation factuelle distincte, relever l’incohérence est pertinent, pas fallacieux.