Pertinence

Whataboutisme

Aussi appelé: retournement d’accusation, whataboutism

Détourner une critique en brandissant une autre faute — « et X, alors ? » — au lieu de répondre au point soulevé.

Exemples

Une manager soulève un problème de délais en entretien individuel.

Priya : « Le livrable client a encore eu trois jours de retard ce mois-ci. » Sam : « Et les rapports que votre équipe m’a envoyés en retard en mars ? Vous n’en avez jamais parlé. »

La remarque de Sam sur le mois de mars est peut-être parfaitement fondée. Mais elle ne change rien au retard de ce mois-ci, et elle ne répond pas au point soulevé par Priya.

Le même schéma apparaît dans les débats en ligne au sujet des organisations.

Commentaire : « Cette compagnie aérienne a connu trois défaillances dans la gestion des bagages cette année. » Réponse : « Et la compagnie X, alors ? Leurs retards étaient bien pires l’été dernier. »

Les problèmes de la compagnie X sont peut-être réels eux aussi. Cela ne dit toujours rien de la gestion des bagages dont il est question.

Pourquoi le raisonnement ne tient pas

Le whataboutisme traite « quelqu’un d’autre a aussi mal agi » comme une réfutation de « vous avez mal agi ». Ce n’en est pas une. Deux affirmations distinctes peuvent être vraies en même temps — le délai a été manqué, et les rapports de mars étaient eux aussi en retard — mais établir l’une ne réfute pas l’autre. La tactique fonctionne en transformant la conversation en comparaison des torts au lieu de régler celui qui est sur la table : la question d’origine reste discrètement sans réponse.

C’est un proche cousin du tu quoque (« toi aussi »), mais en plus large : le tu quoque vise précisément l’hypocrisie de la personne qui soulève le problème, tandis que le whataboutisme peut pointer n’importe quelle autre faute, commise par n’importe qui, pour changer de sujet.

Comment répondre

  • Séparez explicitement les deux sujets : « C’est un point valable, qui mérite une discussion à part. Pouvons-nous d’abord finir sur le délai de ce mois-ci ? »
  • Reconnaissez avant de recentrer : « Vous avez raison, il faudra aussi traiter le cas de mars — j’y reviendrai. Là, j’ai besoin d’une réponse sur ce point-ci. »
  • Demandez directement : « Est-ce que cela répond à ce que j’ai soulevé, ou sommes-nous en train de changer de sujet ? »
  • Sachez reconnaître un grief réel, et pas une simple esquive — parfois l’autre sujet mérite vraiment de l’attention, mais pas en remplacement de celui-ci.