Appel

Incrédulité personnelle

Aussi appelé: argument d’incrédulité

Rejeter une affirmation parce qu’on a personnellement du mal à l’imaginer ou à la comprendre.

Exemples

Un ami doute de la promotion d’une collègue.

Jade : « Elle n’est là que depuis huit mois. Je ne vois pas comment elle serait déjà prête à diriger l’équipe. » Nora : « As-tu regardé ce qu’elle a réellement livré cette année ? » Jade : « Non, mais je n’arrive tout simplement pas à l’imaginer. »

La difficulté de Jade à l’imaginer n’est pas une preuve concernant la collègue — c’est un constat sur les limites de ses propres informations et de sa propre imagination.

Le même schéma revient souvent dans les fils scientifiques en ligne :

Message : « Je ne vois pas comment l’aile d’un oiseau aurait pu évoluer graduellement — une demi-aile ne sert à rien, donc l’évolution ne peut pas l’expliquer. » Réponse : « Il existe un vaste corpus de recherches sur les formes transitionnelles, comme les planeurs à plumes — les stades intermédiaires avaient bel et bien une utilité, simplement pas le vol. »

Ne pas réussir à se représenter soi-même les étapes intermédiaires ne signifie pas que les biologistes ne les ont pas élucidées.

Pourquoi le raisonnement ne tient pas

L’incrédulité personnelle traite « je ne vois pas comment cela pourrait être vrai » comme si c’était « cela ne peut pas être vrai ». Or une explication peut être réelle et correcte tout en dépassant ce qu’une personne peut aisément se représenter — c’est le cas de bien des savoirs spécialisés, de la façon dont un avion génère de la portance à la manière dont un comité de promotion pèse des éléments que personne hors de la salle n’a vus. Le vide pointé du doigt est souvent un vide dans la compréhension de celui qui parle, pas dans l’explication elle-même. La version honnête de « je ne vois pas comment ça marche » est une question — « comment ça marche ? » — pas la conclusion que ça ne marche pas.

Comment répondre

  • Reformulez en question plutôt qu’en verdict : « Qu’est-ce qui vous aiderait à voir comment ça fonctionne, plutôt que de conclure que ça ne fonctionne pas ? »
  • Demandez ce qui est déjà connu et qui pourrait vous manquer : « Existe-t-il des recherches ou des détails qui combleraient ce vide ? »
  • Nommez le procédé simplement, avec bienveillance : « On dirait que c’est difficile à imaginer, plutôt que réellement démontré faux. »
  • Restez humble face aux cas réellement non résolus — parfois une explication est effectivement incomplète, et « je ne comprends pas encore » est une position tout à fait acceptable, plutôt que de forcer la réponse en vrai ou faux.